Il y a environ une quarantaine d’années, je faisais une longue course
à pied, sur des hauteurs absolument inconnues des touristes, dans
cette très vieille région des Alpes qui pénètre en Provence. Je
traversais ce pays dans sa plus grande largeur et, après trois jours
de marche, je me trouvais dans une désolation sans exemple. C’était un
beau jour de juin avec grand soleil, mais sur ces terres sans abri et
hautes dans le ciel, le vent soufflait avec une brutalité
insupportable.